Mercredi 8 février 2006

 

 

 

 

 

Par Ben et Ignace - Publié dans : tuzareba
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Mercredi 1 février 2006

Fidèles à la tradition instaurée à la Galerie, nous avons décidé d’animer des ateliers « pains » avec les enfants du centre. Hier nous sommes donc partis à la recherche de levure de boulanger… Comment s’y prendre ?!? Nous décidons d’interroger le seul boulanger que nous connaissons à Kigali, un allemand, qui tient un restaurant-boulangerie pour Musungu.

 

 

Le hasard de nos pas nous amène auprès d’une autre boulangerie ayant un air beaucoup plus populaire. Après une légère hésitation, nous rentrons et demandons : « qui fabrique le pain ? » et « où peut-on trouver de la levure de boulanger ? ». Notre kinyarwanda trop pauvre nous oblige à parler français. Le vieux gérant de la boulangerie semble avoir bien du mal à saisir nos propos. Découragés, nous le suivons tout de même car il nous fait signe.

 

 

Où nous mène donc la patriarche ? Candide nous le suivons. Il nous entraîne vers le bâtiment jouxtant la boulangerie. On franchit une première porte, puis une grille de fer noir, sale et usé, qui nous plonge vers de pentus escaliers qui se perdent dans l’obscurité. Quand nous levons la tête, jusqu’alors accrochée au sol pour distinguer les marches cassés et glissantes, des visages, des figures apparaissent, dégoulinant de sueur, étonné par notre présence. Dérangeons nous l’inertie apparante ?

 

 

Une chaleur sourde et étouffante nous accueille dans les entrailles de Kigali. Nous sommes ici au point zéro, à l’origine. C’est en effet dans ce cloaque que tous les pains, beignets, mandaz et cakes,… de la ville prennent naissance.

 

 

Nous avançons dans la chaleur caniculaire. Les murs sont tapissés d’une épaisse couche de suie et de graisse. Les travailleurs semble se fondre dans le décor.

 

 

A votre gauche des femmes font cuirent des beignets sur des braseros incandescents. A votre droite des nits de braises dansent tranquillement en attendant de recevoir leurs doses de pâtes fraîches. En face des hommes préparent un plateau de pain. Il est prêt à être engloutis pas un énorme four à pain électrique qui n’aurait pas paru déplacé dans une exposition d’entre-deux guerres.

 

 

Sommes nous dans les coulisses du film « Underground » de Kusturica ?

 

 

Une voix nous interpelle :

 

-         Comment vous appelez vous ?

 

 

Un homme d’une trentaine d’années nous observe en souriant. La vue de deux blancs dans son antre à quelque chose d’incongrue.

 

 

Nous répondons :

 

-         Nitwa Ignace na Nitwa Ben

 

 

- A mais vous parlez kinyarwanda ? Répond l’homme en nous tendant la main.

 

 

- Kugerageza kwiiga ikinyarwanda. Buhoro buhoro bizaza. (Nous essayons…)

 

 

Après son rire, il nous explique en français (puisqu’il est boulanger…) l’utilité de chaque atelier, les différentes levures de boulanger qu’il existe au Rwanda,…

 

 

Nous lui expliquons nos occupations et déjà se profile l’éventualité d’une animation pain dans le centre en sa compagnie. Tuzareba.

 

 

Sur ce, il nous promet que nous nous reverrons bientôt et tien absolument à nous offrir un sac de beignets « pour la route »…

 

 

En gravissant les marches escarpés vers la sortie nous avons presque l’impression de sortir de « chez nous ». Portée par une douce euphorie silencieuse nous reprenons le preste pas de nos habitudes citadines. Que de mondes dans celui-là !

 

Par Ben et Ignace - Publié dans : tuzareba
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Mercredi 1 février 2006

La logique est le dernier recours de ceux qui ont perdu toute forme d’imagination.

 

Ici on s’en rend très vite compte.

 

 

 

 

 

 

Toujours la vue devant chez nous mais avec le soleil couchant.

 

 

 

 

 

 

Le ciel fantasmagorique.

 

 

 

 

 

 

Une colline derrière chez nous

 

 

 

Chadrack, un de nos voisins super sympa avec qui ont fais des échanges de cours kinyarwanda-français (il ne parle pas un mot de français, enfin, si petit à petit oui car il apprend super vite). Son enthousiasme débordant est pour nous une éternelle source de joie.

 

 

Un (tout petit éventail) des nombreux livres que nous avons ramenés au Rwanda. En effet en plus de jouer au foot, au basket et de donner des cours de français aux enfants (on a commencé les cours hier, ça c’est bien passé), on lis beaucoup et on essaye d’écrire. (cf le mail sur le boulanger de Kigali)

 

Par Ben et Ignace - Publié dans : tuzareba
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Mardi 24 janvier 2006

Ben et sa cousine Elise, qui nous a accueilli dans son palace à Bruxelles, avant notre départ. Nous voudrions ici la remercier pour les 24h de bonheur passé à Bruxelles…

 

 

 

La visite de Bruxelles a été rendue exquise par le fait qu’Elise nous a prêtée deux vélos…

 

 

 

Les inévitables gaufre de Liège, notre nourriture spirituelle.

 

 

 

La grosse maison de Musungu dans laquelle on loge actuellement. Mais on va déménager bientôt pour habiter directement dans le centre où sont les enfants.

 

 

 

La vue de devant la maison. Imisozi Nimyiza Chane (les collines sont très belles)

 

 

 

Ben au lit, studieux… Parfois on a l’impression d’être dans une résidence d’écrivains… Sourire.

 

 

 

Ignace qui fait aussi semblant de travailler ou d’écrire…

 

 

 

Une des fleures qui honorent le devant de la maison de sa présence. Elles nous donnent envie de faire leur « autoportrait » comme dirait Christian Bobin.

 

 

 

Une ruelle comme il y en a tant d’autres…

 

 

 

Une route au milieu des collines. Le Rwanda est vraiment un très beau pays.

Par Ben et Ignace - Publié dans : tuzareba
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Mardi 24 janvier 2006

 

Des collines, des visages, des chants, des regards effarés, suspicieux ou grivois, des patates, des haricots, ou du chou, nos yeux dévorent et adoptent petit à petit ce pays brûlant.

 

Brûlant? Les premiers jours le sont !

 

Fièvre du tintamarre imperceptible par nos oreilles blafardes (bientôt rouges…), température qui côtoie nos plus beaux étés, crémation de nos habitudes ( quel bonheur que la douche froide!)

 

 

Alors que les mélodies locales rythmées par le klaxon, le babil des oiseaux ou des enfants, prennent forme dans nos têtes, nous commençons avec rigueur, l’apprentissage du kinyrwanda. Cette langue est très chantante et revêt par ailleurs l’agréable particularité d’être partagée par l’ensemble des rwandais.

 

 

Fini donc les balbutiements et le chaos de l’arrivée ?

 

Non, non, nous préférons toujours nous ébattre sur les chemins que l’on ignore !

 

 

Si tu penses que tu as trouvé,

 

cherche encore !

 

 

Voilà le souverain dicton que l’on entonne en chœur !

 

 

 

Malgré tout le cadre de nos pérégrinations prend forme sereinement. Nous avons, hier lundi 24 janvier, visité le centre des enfants de la rue de l’Eglise Presbytérienne du Rwanda (EPR) situé dans un quartier de Kigali qui se nomme Kicukiru.  Marie Louise, la coordinatrice du centre nous a présenté aux membres de l’équipe : Placide, Emmanuelle, Hélène…(et d’autres mais laissez-nous le temps de retenir les prénoms) ainsi qu’aux jeunes.

 

 

Le centre comporte une formation coiffure ainsi qu’une formation couture regroupant une quarantaine de jeunes de 15 à 20 ans. De plus, le midi, s’ajoutent une cinquantaine de marmots, élève de collèges du quartier.

 

 

Compte tenu du peu de financement, la volonté est de générer des revenus par le biais des activités du centre :

 

-         atelier coiffure

 

-         atelier couture

 

-         élevage caprin (chevres) en prévision

 

-         Location d’un espace pour les réunions de quartier (en construction)

 

 

Le souci réside dans l’arrêt des subventions qu’accordait le gouvernement. En effet, ce dernier avait pris la décision de financer ce type de centre pour une durée de 10 ans après le génocide.

 

 

Les problématiques du centre sont intéressantes et même si nos esprits hagards nous encouragent à brûler les étapes, les voix de celles et ceux qui nous ont conseillé de prendre le temps raisonnent plus fort.

 

 

Serions nous tiraillés par la volonté de faire vite, efficace et précis ?

 

 

Ah, ah, ah ! Les poussières acres du sol rwandais ont-elles porté nos égosillements féroces jusqu’à vos oreilles?

 

 

Mais j’entends déjà l’écho des voix qui réclament du concret.

 

 

 

Eh bien pour cette semaine, nous prenons le pouls du centre et nous commençons la semaine prochaine, à raison d’une heure par jour et par classe (il y en a deux), d’apprentissage du français pour les élèves et du kinyrwanda pour nous. Nous tentons une expérience interactive ou il n’y a pas un professeur et des élèves mais un groupe de jeunes qui désirent apprendre ensemble.

 

Cependant, compte tenu de leur niveau de français, nous ne voulons pas que notre l’apprentissage de leur langue les freine.

 

 

Subtile alchimie à trouver !

 

 

On ne s’improvise pas professeurs mais notre envie d’apprendre porte à la fureur et cette énergie nous sera utile !

 

 

En attendant Ben s’est joins a la chorale… et Ignace savour avec plaisir la joie de faire de la comptabilité et de l’excel avec le comptable du centre…

 

 

A bientôt les amis,

 

 

Portons nos oreilles au son du vent, des pluies ou des mots des enfants, vous entendez ? Résonne déjà le plissement de nos lèvres en U !!!

 

 

Ignace et Ben 

Par Ben et Ignace - Publié dans : tuzareba
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