Mercredi 29 mars 2006

Afin de refaire nos visas nous sommes partis 3 jours au Burundi la semaine dernière. Récit.

 

 

 

Un week-end d’évasion au Burundi…

 

 

 

Dimanche, 5h30. Le réveil sonne et nous draine douloureusement de nos douces rêveries nocturnes… Dehors, un ciel noir déchiré par d’innombrables éclairs rouges. Le soleil se lève. Départ pour la gare de bus de Nyabugogo.

 

 

 

7h10. Le bus se met en mouvement.

 

 

 

Les collines se succèdent aux collines. Le vert au vert. Nos cerveaux friands d’associations d’idées voguent des monts du lyonnais à la drome provençale. N’est-ce pas le col de Malval qu’on voit au loin ? A moins que ce soit les gorges de l’Ouvèze…

 

 

 

Soudain au détour d’une colline, au milieu de nulle part, une douane, une frontière.

 

 

 

Sortie du Rwanda sans problème

 

 

 

Entrée au Burundi plus cocasse :

 

-         « Quoi vous n’avez pas de visa pour le Burundi ?!? »

 

-         «  Euh… non, nous pensions que vous pouviez nous en faire un maintenant… »

 

 

 

Le garde lâche un grognement sourd et hostile et nous siffle entre ses dents :

 

-         « Donnez 20 dollars chacun. »

 

-         « Euh… en fait nous n’avons que des francs rwandais… »

 

 

 

Exaspéré, il nous dit :

 

-         « Débrouillez-vous ! »

 

 

 

Nous nous sommes débrouillés. Nous sommes entrés au Burundi. Notre bus est repartit - avec 45 minutes de retard grâce à nous…

 

 

 

Le Burundi c’est… comme le Rwanda. Collines et forets. Peut être un peu plus vert… Puis, brusquement l’encaissement fait place à l’ouverture. L’exigu à l’immensité. Inattendue, une pleine démesurée s’offre à nous. Perdu dans cette étendue étonnante pour nos yeux habitués aux milles collines, Bujumbura, la capitale Burundaise se couche sur les bords du lac Tanganyika.

 

 

 

A notre arrivée nous retrouvons Gaëlle, une fille de notre classe qui fait son stage la-bas. Le hasard du jeu des relations humaines veut pourtant que nous ne la connaissions pas du tout auparavant… Nous lui avons parlé plus longtemps en 48h qu’en deux ans à Lyon. Sourire.

 

 

 

Aussitôt débarqué, nous prenons avec Gaëlle et sa colloque italienne Paola la direction de la plage… Lac Tanganyika oblige.

 

 

 

Le sable fin s’écoule paresseusement à travers nos doigts de pieds. Un œil distrait balaye l’horizon. Auréolé d’un magnifique arc-en-ciel, les collines saillantes font le gros dos avant de plonger gracieusement dans les profondeurs du lac. Sur la berge, « Buja » s’étale langoureusement jusqu’à grignoter les flancs des premiers soubresauts de la terre. Austère, froid et arrogant, un ancien monastère jésuite se détache d’un mont proéminent pour toiser nonchalamment la ville. Bien que récemment transformé en université, il semble garder sa rigueur morale d’antan.

 

 

 

Dans la ville, le délabrement, les voix basses, et les casques bleus de l’ONU témoignent d’une époque qui n’est pas encore tout à fait révolue. Les traces de la guerre sont partout. L’ambiance est lourde et presque oppressante. Les blancs qui travaillent dans des ONG ou des organismes de nations unies, n’ont pas le droit de marcher dans la rue, ni de ramener des burundais chez eux…

 

 

 

En contemplant la beauté simple et naturelle de la plage qui s’étend à perte de vue et en pensant à tout cela, la même question revient toujours nous hanter : « Comment pouvons nous aller si bien, dans un monde qui va si mal ?!? »

 

 

 

Il n’y a pas de réponse. Nous pouvons simplement essayer de manière humble et modeste de profiter de notre bonheur et de le partager avec tous ceux qui nous entourent.

 

 

 

La suite n’est pas très originale. Discussions. Lectures. Cuisine (et oui, il fallait bien remercier nos hotes de leur accueil…). Course poursuite en taxi pour atteindre l’ambassade du Rwanda avant qu’elle ne ferme pour chercher notre visa. (Evidemment le fait de vivre sans montre cela peut avoir quelques légers inconvénients… Entrain de faire du pain nous perdons naturellement la nation du temps. Tout d’un coup une petite voix à l’arrière de nos têtes nous dit qu’il serait temps d’aller chercher nos visas… Nous sortons et cherchons longuement un taxi… Des que nous montons dedans nous demandons au chauffeur l’heure et il nous dit : 17h25. Ce qui nous donne l’occasion de lui balancer une réplique de films :

 

-         C’est bien si à 17h29 nous sommes à l’ambassade du Rwanda.

 

Le chauffeur se contente de nous répondre :

 

-         C’est possible.

 

Nous avons eu nos visas. Mais ils durent seulement un mois. Nous avions espéré trois. Il va falloir qu’on fasse quelques démarches ici à Kigali. Pas de problème.)…

 

 

 

En rentrant au Rwanda et en déambulant dans les rues de Kigali nous avions vraiment l’impression de rentrer à la maison.

Par Ben et Ignace - Publié dans : tuzareba
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 11 mars 2006

Eh oui, encore un message des apprentis boulangers rwandais !

 

 

Aussitôt installé dans nos nouveaux appartements ministèriel, nous en avons profité pour faire du pain avec les « nouveaux », c’est-à-dire des petits qui sont arrivés au CPAJ il n’y a pas longtemps et donc qui ne suivent pour l’instant ni l’école primaire, ni une formation professionnelle donc ils traînent toute la journée au centre…

 

 

Nous avons donc décidé de faire des pains « Nadejda » (autrement appelé « Friendship bread » car il se partage facilement entre tous…)

 

 

 

Pour faire tiédir l’eau, et cuire le pain on utilise un réchaud et un four à charbon…

 

Faire le pain avec les jeunes c’est toute une affaire, mais on s’est vraiment bien marré et les jeunes étaient contents de pouvoir proposer aux 100 enfants qui mangent dans le centre le midi un morceau du pain qu’ils avaient fait eux-même !

 

 

 

 

Pour info voici la recette de ce pain selon la manière dont nous le faisons :

 

 

1 kg de la farine

 

2 cuillères à soupe d’huile

 

4 cuillères à soupe de sucre (les Rwandais préfèrent le pain sucré au pain salé)

 

1 cuillère à café de sel

 

15 g de levure de boulanger (pas fraîche)

 

2 œufs

 

50cl d’eau tiède

 

 

 

Diluer la levure dans 10 cl d’eau tiède. Rajouter petit a petit la farine et le reste d’eau.

 

 

Rajouter ensuite le sel, le sucre, l’huile et les blancs d’œufs.

 

 

Quand la pâte ne colle plus aux doigts, la pétrir 10 minutes.

 

 

Laisser reposer une heure.

 

 

Etaler la pâte et couper des bandes de 10 centimètres de hauteur. Dans cette bande, couper des triangles. Rouler chaque morceaux de l’extérieur vers l’intérieur puis les mettre à la verticale dans un moule préalablement beurré et fariné (en laissant un peu d’espace entre les morceaux).

 

 

Laisser ensuite reposer une heure à nouveau.

 

 

Badigeonner la surface avec le jaune d’œuf et mettre au four à 180-200 degrés pour environ 30-40 minutes.

 

 

Bon appétit !

 

Par Ben et Ignace - Publié dans : tuzareba
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 9 mars 2006

Les collines de Kigali sont toujours aussi belles…

 

 

 

Qu’est-ce qu’on peut faire avec une courge-citrouille-pumkin qui traine chez soi ?

 

 

Réponse en 3 temps :

 

 

 

L’évider, et faire cuire la chaire avec du lait de coco, des oignions et des épices pour en faire une délicieuse soupe…

 

 

 

Servir la soupe dans la courge évidé, c’est la classe…

 

 

 

Puis pour troubler les voisins creuser un joli visage dans la pumkin, allumer une bougie dans ses entrailles et en faire un jackolantern. Succès garanti.

 

 

 

 

Nous avons donc enfin déménagé dans le centre… Nous nous sentons beaucoup mieux dans ce petit nid douillet que dans la grand baraque de Basungu… On se croirait presque dans un refuge Pyrénéen !

 

Par Ben et Ignace - Publié dans : tuzareba
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Lundi 20 février 2006

Un mois. C’est long. C’est court. Notre perception du temps est floue et instable. 6 mois. C’est long. C’est court. Nos perspectives sont brouillonnes et fragiles. Mais on est là et on vit tout simplement. Nous avons la prétention de changer la vie de personne, si ce n’est la notre.

Les gens qu’on rencontre, blancs, mais aussi certains rwandais – notamment ceux qui bossent dans des ONG – sont surpris par notre manque d’ambition… Pourtant nous avons l’ambition la plus haute qui soit : être heureux et partager notre bonheur avec les personnes qui nous entourent, en l’occurrence les enfants qui viennent au centre.  

Pour l’instant cela se passe plutôt bien. Avec les jeunes nous avons dépassé le stade de l’observation mutuelle tintée de méfiance pour laisser la place à une amitié tinté de beaucoup de bonne humeur…

En effet, notre prononciation du kinyarwanda, leur prononciation du français, notre apprentissage de la danse traditionnelle rwandaise,… sont toujours l’occasion de grands éclats de rire.

Une douce moquerie bienveillante que nous échangeons avec plaisir.

On sent déjà les limites d’un voyage aussi court et en même temps, on ressent les possibilités infinies que nous offre chaque journée nouvelle. On essaye de vivre l’instant présent. Le présent ne s’arrête jamais. Il se contente d’être et c’est déjà bien suffisant. Quand il daigne accepter notre modeste compagnie, nous faisons un bout de chemin avec lui…

Voila ce que donne un mois au Rwanda : 31 jours de bonheurs à utiliser nos deux oreilles, nos deux yeux, nos deux jambes et nos deux bras…

Par Ben et Ignace - Publié dans : tuzareba
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 17 février 2006

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bon ok, cela ne ressemble pas encore à la photo, mais ça vient… Avant on faisait juste des pains « normaux »… maintenant on essaye de faire des baguettes, des bagels, de la brioche, des pains au raisins à la banane (car y’a pas de raisins ici),…

 

Nous voudrions d’ailleurs en profiter pour remercier Esther et Véronique qui ont offert le bouquin de pain à Ben pour son anniversaire ! C’est clairement le bouquin le plus important que nous ayons ramené au Rwanda ! (et pourtant on en a ramené plus de 50…)  

 

 

 

Cette photo est extraite du site de Guillaume, notre voisin suisse : http://rwanda.ledcom.ch

 

 

 

 

Avouez que cette fois ci la ressemblance est troublante… We’re getting somewhere. Smile.

 

Par Ben et Ignace - Publié dans : tuzareba
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus