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9 mai 2006 2 09 /05 /mai /2006 11:52

Un certains nombre d’entre vous nous ont demandé « mais qui sont ces jeunes avec qui vous vivez ? » Ce n’est jamais facile de répondre à cette question, mais nous avons essayé d’écrire un petit quelque chose pour répondre…

 



 

 



Le CPAJ est un lieu qui accueille différents types de jeunes. Il s’agit soit d’enfants qui traînaient dans la rue – certains vivent aussi dans la rue, mais d’autres vivent encore dans leur famille – soit d’enfants qui n’ont pas les moyens de payer les frais de scolarité et qui n’ont rien à manger chez eux.

 



La condition de vie des enfants et des jeunes se caractérise avant tout par un manque de perspectives. Beaucoup d’entre eux n’ont plus de famille proche pour les encadrer à cause du génocide ou du fléau VIH/SIDA.

 



 

 



Voici les différentes catégories de jeunes venant au CPAJ :

 



 

 



·        Il y a des jeunes de 8 à 18 ans qui ont été réintégré dans des écoles primaires du quartier et dont le centre paye le minerval, c’est-à-dire les frais de scolarités. Ces jeunes viennent manger tous les midis au centre. Ils sont environs 80. Nous faisons peu d’activités avec eux, sauf parfois des foots et du basket les midis.

 



 

 



·        Parmi ces jeunes qui vont à l’école primaire, 9 habites dans le centre et les autres rentrent chez eux (c’est-à-dire chez un membre plus ou moins proche de leur famille ou dans une famille d’accueil). La politique du gouvernement – suivi par le centre – est en effet de chercher à réintégrer le plus rapidement possible les enfants dans leur famille. Etant donné que nous habitons aussi dans le centre, nous passons beaucoup de temps avec ces 9 jeunes à vivre tout simplement. Vivre, cela consiste à jouer au foot, à discuter, à préparer à manger, à jouer au basket, à regarder les mouches voler pendant 2h assis sur un banc, à aller visiter un membre de leur famille, à marcher par delà les collines,…

 



 

 



·        Il y a des jeunes de 15 à 25 ans pour qui le centre paye les frais de scolarités de l’école secondaire (équivalent au collège et au lycée en France). Ils sont au nombre de 30. Ils restent dans des internats et ne fréquentent le centre que pendant les vacances scolaires.

 



 

 



·        Il y a des jeunes de 13 à 21 ans qui suivent une formation professionnelle (de coiffure ou de couture) dans le centre lui-même. Ils sont 20 par formation. Nous leur donnons des cours de français deux fois par semaine. Une après-midi par semaine nous animons un temps sportif avec eux.

 



 

 



·        Enfin il y a les « nouveaux » c’est-à-dire des petits qui sont arrivés au CPAJ il n’y a pas longtemps et donc qui ne suivent pour l’instant ni l’école primaire, ni une formation professionnelle et donc qui traînaillent toute la journée au centre… C’est avec eux que nous faisons régulièrement des ateliers pains.

 



 

 



 

 



Comprendre ce qui a poussé les jeunes à intégrer le centre n’est pas une mince affaire. En l’espace de quatre mois, notre degré de complicité a été suffisant, parfois, pour entrevoir l’histoire de quelques uns, mais pour le plus grand nombre le mystère demeure.

 



 

 



Pour vous faire toucher du doigt les réalités que nous échangeons avec les jeunes voici quelques témoignages de ce que certains ont vécu :

 



 

 



Témoignage 1 :

 



Je suis la fille de MUKANZIMURINDA Françoise et BIZIMUNGU Hamis, je suis née en 1987 à BUTAMWA ; je vis avec ma mère car mon père est en prison.

 



Souvent j’allais à la décharge pour chercher comment je peux vivre avec ma famille soit en cherchant les charbons pour les vendre, soit en cherchant les patates pour les porter à la maison.

 



 

 



Un jour, un Encadreur répondant au nom de NTAGANDA Jean Pierre m’a rencontré là-bas et il m’a écrit pour venir apprendre le métier, maintenant j’apprends la COUTURE au C.P.A.J.

 



 

 



 

 



 

 



Témoignage 2 :

 



Je suis orphelin de tous les parents et je suis né en 1986 au BURUNDI, j’ai perdu ma mère après le retour au RWANDA et mon père était soldat, il est mort au champ de bataille.

 



 

 



Nous sommes arrivés au RWANDA en 1994, en 1995 ma mère est morte à KIBUNGO, après quelques semaines ma tante est venue nous garder, moi et mes petits frères, j’ai continué les études de façon que j’ai réussi l’Examen d’Etat, comme ma tante n’avait pas les moyens de me payer le minerval, je suis venu chez mon oncle qui pouvait m’aider avec le minerval, mais il a refusé.

 



 

 



Après avoir perdu mes études, je suis venu dans la rue pour voir si je peux sauver mes frères, c’était en l’an 2000, là-bas j’ai mal vécu car je n‘ai pas trouvé l’argent ou la vie comme je pensais. Un jour quand j’étais à KICUKIRO, j’ai entendu qu’il y a un centre tout près qui est le C.P.A.J. et qui aide les enfants de la rue. Alors très tôt le matin j’y suis venu et j’y ai été inscrit.

 



 

 



Témoignage 3 :

 



Je suis la fille de NTAGENGERWA Jean Marie Vianney et

 



MUKANYARWAYA, je suis née en 1986 à NYANZA, j’ai vécu avec mon père, j’ai perdu ma mère pendant le génocide, après la guerre nous sommes restés avec mon père quelques temps ; et puis mon père fut emprisonné. Nous avons eut la mauvaise vie et je me suis décidée d’aller à la décharge pour trouver comment je peux vivre en cherchant de quoi manger et l’argent. Apres j’ai eu la chance de rencontrer l’encadreur de C.P.A.J. qui m’a donné les conseils d’arriver au centre pour apprendre le métier qui peut m’aider dans le futur pour que je puisse faire quelque chose qui peut m’aider, alors c’était à moi de choisir ce que je dois apprendre, mais après ça on m’a appris beaucoup de chose qui m’ont aidé à changer les idées que j’avais quand j’étais à la décharge.

 



 

 



Voila.

 



 

 



Umunsi mieza.

 



 

 



Ben et Ignace

 



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Published by Ben et Ignace - dans tuzareba
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